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L’Ouïe : de la perception des sons, à l’écoute de soi

Parmi les cinq sens, l’Ouïe est le sens qui nous permet de percevoir ce qui se passe dans notre environnement à travers les vibrations transmises dans l’air. L’accélération d’une moto qui passe dans la rue, des rires d’enfants, le chant mélodieux d’un oiseau, une sonnerie de téléphone… Tous ces signaux ne sont que des vibrations de l’air qui cheminent jusqu’à notre oreille, l’organe de l’ouïe chez l’espèce humaine. 

 

L’ouïe serait le 4e sens à apparaître au cours du développement du fœtus. Il perçoit tout d’abord les bruits internes (systèmes digestif, circulatoire et cardiaque de sa mère) puis certains sons extérieurs. Le nourrisson se souviendra des sons entendus durant cette période. Cette mémoire auditive lui permet de reconnaître les voix familières dont celle de sa mère. Cette voix qu’il identifie, et à laquelle il semble réagir davantage qu’à tout autre son, est rassurante. C’est parce que les sons perçus in utero gardent généralement un pouvoir apaisant. Quant à la voix humaine, elle tient une place à part dans notre audition. 

Ecoute, Audition, Bruit et Son 

L’Oreille, organe de l’ouïe, est une machinerie complexe qui perçoit et décode les sensations auditives produites par une oscillation de l’air. Par une suite de transmissions en cascade, les sons parviennent à notre cerveau sous forme de signal. Il interprète alors si un son est aigu ou grave, faible ou fort, court ou prolongé, et dans le même temps situer la localisation dans l’espace d’une source, notamment par comparaison des deux signaux sonores reçus par chacune de nos oreilles. 

Du point de vue de la physique, un son est caractérisé principalement par la fréquence de ses fluctuations par seconde (exprimée en Hertz) et par sa puissance (mesurée en décibel sur une échelle logarithmique). Lorsqu’elle est parfaitement fonctionnelle, l’oreille humaine perçoit uniquement les fréquences entre 20 et 20 000 Hertz. Et cette plage s’érode au cours de notre vie. En-deçà on parle d’infra-sons, et au-delà d’ultra-sons, tous deux inaudibles pour l’homme. Plus la fréquence est haute et plus la vibration dans l’air est rapide et le son aigü.

 

 Comment fonctionne notre ouïe ?

Physiologiquement, nous entendons les sons grâce à notre oreille, que l’on sépare en 3 sections : l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne.

En premier lieu, c’est le « pavillon », la partie visible de l’oreille, qui capte les variations de pression acoustique dans l’air. Le conduit auditif les achemine alors jusqu’au tympan qui va vibrer comme une peau de tambour. Au niveau de l’oreille moyenne, les ondes sonores qui frappent la membrane du tympan créent des vibrations mécaniques transmises par les trois petits osselets (marteau, enclume et étrier) à la cochlée. Cet organe en forme d’escargot est recouvert de cils baignants dans un liquide qui, lorsqu’ils sont mis en mouvement, envoient au cerveau l’impulsion électrique correspondante via le nerf auditif (oreille interne). Le cerveau les interprète alors comme des sons. Et tout ce trajet est parcouru en quelques millisecondes seulement !   

Les sons qui nous touchent

Nous ne ressentons pas le même état en entendant le son des vagues de l’océan, ou le son d’une alarme, des cris, les chants de la forêt. Certains sons vont être ressentis comme anxiogènes, certains vont favoriser un état de paix, générer un sentiment de joie, d’autres au contraire déclencher de la peur. Il y a une part de subjectivité dans ce ressenti. Cela peut être lié à notre passé d’individu ou être inscrit dans la mémoire de notre espèce.

danse & sens. Les 5 sens
– le son de l’océan nous apaise –

Quels sont les effets néfastes du bruit ?

Nous baignons quotidiennement dans du bruit. En langage statistique, on parle de “bruit” pour décrire des données parasites qui viennent troubler le signal. A notre oreille, un bruit est un ensemble anarchique de sons, de fréquences qui s’additionnent. C’est un signal confus que notre cerveau a du mal à déchiffrer et que nous percevons généralement comme désagréable. A l’inverse, la musique c’est l’harmonie ! C’est l’univers des sons qui s’organisent de manière agréable pour notre cerveau. Ce ressenti est aussi fonction de l’éducation de chacun et lié à chaque culture.

Silence et paix dans un monde de bruit

Nous ne pouvons pas fermer nos oreilles comme on ferme les yeux. La “porte” reste toujours ouverte, à l’affût du moindre son, du moindre mot. 

Le bruit, même à un faible volume, peut affecter négativement notre qualité de vie voire notre santé. Cela se traduit par de l’anxiété, des troubles du sommeil ou cardiovasculaires. Il est souhaitable de retrouver des moments où s’affranchir du tumulte du monde afin de revenir à un silence libérateur. Se mettre dans le calme nous permet de nettoyer toute cette pollution qui nous envahit, de faire le tri dans nos pensées, loin des sollicitations extérieures. Réussir à faire silence nous permet, petit à petit, de prendre conscience de notre respiration, de notre corps. De la sorte nous laissons nos pensées émerger. Cette posture nous aide à atteindre un état de repos intérieur et un sentiment de sérénité. Nous avions déjà évoqué le silence comme un besoin essentiel de l’organisme.

 

Pour rester ouvert sur le monde, protégeons notre audition

Comme tous les organes, nos oreilles vieillissent. Toutefois, on a pu constater que dans les sociétés plus « traditionnelles » et proches de la nature, l’audition se dégradait finalement assez peu avec l’âge. Dans notre société moderne occidentale, nos oreilles sont mises à rude épreuve. Notre environnement continuellement bruyant, que l’on a choisi ou que l’on subit, est responsable d’auditions de plus en plus défaillantes : acouphènes,presbyacousie, hyperacousie et des surdités précoces. Ces affections jouent sur notre bien-être. Pire, elles vont jusqu’à induire des difficultés à communiquer avec les autres et à nous couper du monde. 

 

Le son et l’intime : l’immersion sonore.

Écoutons notre corps, écoutons notre musique intérieure.

Notre ouïe ne perçoit pas directement nos battements du cœur, pulsations ou respiration. Cependant ils constituent les notes de notre “symphonie intérieure”.  Être à l’écoute de notre rythme propre nous permet de prendre conscience du déphasage que nous pouvons parfois ressentir – sans nécessairement le comprendre – lorsque le monde extérieur nous impose des rythmes trop rapides, des fréquences agressives, perturbant notre “musique” intérieure. Cela peut se traduire par des tensions non identifiées, du stress.

La musique qui nous fait du bien

Venons-en à la musique. Les bienfaits de l’écoute musicale sont avérés, chez les nourrissons mais aussi à tous les âges de la vie. 

La musique nous divertit, mais il ne faudrait pas sous-estimer l’impact qu’elle a sur l’ensemble de notre corps : elle nous apaise, favorise notre concentration, stimule notre mémoire. Ces 20 dernières années, des études s’appuyant sur la neuro-imagerie (scanner, IRM) ont montré comment le cerveau réagissait aux sons. La musique stimule nos compétences intellectuelles, linguistiques, émotionnelles ainsi que la motricité. Selon les contextes, écouter de la musique ou des sons que nous apprécions nous aide à lutter contre le stress. Cela peut se révéler aussi efficace que des médicaments de type benzodiazépines. Dans le même domaine, les personnes qui jouent de la musique ou qui chantent ensemble libèrent de l’ocytocine, l’hormone de l’attachement.

Les bonnes vibrations

Enfin, au-delà de la seule perception des sons que nous abordons ici, des chercheurs ont mis en évidence l’action physique des sons sur la matière, et donc sur notre corps (nos tissus, nos organes…). Cela signifie que même si notre audition ne capte qu’une plage de fréquences, et que notre cerveau n’interprète qu’une partie des informations perçues par l’oreille, tous les sons exercent néanmoins une influence physique sur tout notre corps. 

Restons donc ouverts aux sons provenant de l’extérieur, en veillant à protéger son oreille, ces sons qui nous relient au monde et aux autres. Restons aussi à l’écoute de nous-même. Ces deux mouvements sont complémentaires. Ecoutons enfin des sons qui nous font du bien, des sons de la nature, des musiques, des voix… Et si vous cherchez un temps de paix, vous pouvez toujours joindre une des formules de retraite que je propose dans cette section.

“La nature nous a doté d’un seul organe pour la parole et de deux pour l’ouïe,
afin de nous apprendre qu’il est plus important d’écouter que de parler.” 
(Proverbe Turc)

 

Alors, comment parvenez-vous à faire le calme dans la tempête?


Quels sont vos sons favoris ? Les sons qui vous réconfortent ?

 

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