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La marche où comment aller de l’avant

L’apprentissage de la marche est l’une des initiations capitales qui ponctuent notre existence corporelle. D’abord parce qu’elle est nécessaire à notre survie. Ensuite parce qu’elle nous permet de passer du stade de nourrisson à celui de la petite enfance. C’est le début de l’autonomie, l’avènement de nos premières aventures.

Si nous reculons dans le temps, la marche a également été une initiation d’ampleur. Celle qui nous a permis d’aller au delà de l’animalité par la verticalisation. Droites, nous avons pu devenir des personnes, avec tout ce que cela implique.

Les différentes étapes de la marche

Pour marcher correctement, nos pieds se déroulent sur le sol. On pose d’abord le talon puis – les orteils pointés vers le haut et l’avant – nous déroulons toute la plante du pied sur à terre, jusqu’aux métatarses (les “balles” qu’on trouve sous les orteils).
Nous nous appuyons ensuite sur elles pour nous propulser vers l’avant. Pendant ce temps-là, nos orteils posés au sol nous maintiennent en équilibre. A la suite de quoi, le mouvement se répète de l’autre côté.

Chaque étape de ce déroulé a son importance. Il n’est pas rare qu’une fois devenues adultes, nos façons de marcher perdent “quelque chose”. Certaines étapes sont expédiées, ou il peut s’agir du poids du corps mal réparti sur le pied, d’une partie plus sollicitée qu’une autre… etc.

De là découlent de nombreuses problématiques physiques qui peuvent simplement être réglées par un ré-apprentissage conscient de la marche. C’est un exercice que je vous propose d’ailleurs dans mon programme en ligne, à effectuer autant que nécessaire !

Notre marche est aussi révélatrice de notre façon de vivre et d’aller de l’avant. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : avancer ! Que dit de nous un pied qui traîne, un mauvais appui ? Prenons le temps de revenir sur les étapes de la marche et du déroulé du pied, ainsi que sur leurs symboliques.

Le talon : prendre appui sur la Terre

Nous l’avons dit, la première étape pour avancer consiste à poser le talon au sol, et à s’appuyer. Mais sur quoi s’appuie-t-on ? Sur la terre.
Si vous avez lu l’article concernant l’ancrage et l’enracinement, vous comprendrez rapidement de quoi il retourne.

S’appuyer sur la Terre demande déjà d’avoir confiance en elle. De prendre conscience que quoi qu’il se passe dans notre existence, la terre/le sol sera toujours là en soutien. Notre vie entière peut se voir dévastée, il n’arrive jamais que la terre se dérobe réellement sous nos pieds.

Ce qu’on a mis entre la terre et nos pieds peut disparaître, oui. Les étages d’un immeuble ou plus subtilement, les couches d’idées – comme de la glaise – sur lesquelles nous avons décidé d’établir nos fondations. Tout ça peut se voir balayé, mais après, le sol nu reste et nous accueille. Comme je l’ai déjà écrit : la terre est un refuge. La Terre est notre mère et, en tant que telle, elle sera toujours présente.

Exercice :

Pour ressentir ce soutien indéfectible de la Terre, nous pouvons nous coucher sur le sol, en position foetale. Les yeux fermés, prenons le temps de devenir lourde. Tout notre poids est déposé au sol, chaque muscle s’offre le droit de peser.

Dans ce poids physique qu’on laisse couler par terre, pèsent aussi tout ce qui fait ce qu’on est, tout ce qui nous tracasse, tout ce à quoi on pense. On ne retient plus rien.
Et que se passe-t-il ? Le sol ne s’affaisse pas. Non, rien ne bouge.

Les yeux toujours fermés, nous sentons la Terre qui nous porte, car c’est ce qu’elle fait : elle nous porte. On peut imaginer la main d’une géante, et nous reposons, lourde, au creux de sa paume. Dans cette main, on a le droit de peser tout notre poids sans AUCUNE culpabilité. On ne sera jamais trop lourde pour elle.

Souvent, la conscientisation de ce contact que nous avons en permanence avec le sol apporte un profond réconfort. Si les larmes viennent, laissons-les couler.

Dérouler la plante : entrer dans le mouvement

Une fois notre rapport à la terre rasséréné, nous sommes en capacité d’avoir de bons appuis pour pouvoir nous élancer. Avoir de bons appuis, c’est aussi avoir conscience qu’on se repose sur notre héritage, sur nos valeurs et sur tout ce qui fait notre identité.

Dans notre existence, nous avons un besoin cyclique de réviser nos appuis. Si, malgré la confiance qu’on a dans le sol, on ne se sent pas solide dans ceux-ci, peut-être qu’on peut se demander s’il n’est pas l’heure d’une petite restructuration…

Après quoi, l’entrée dans le mouvement se fait d’instinct. Quand on marche, il est facile de se concentrer sur le choc du talon qui rencontre le sol. Cette percussion régulière rythme nos journées, c’est l’une des musiques du corps. Prendre conscience du déroulé de la plante du pied demande une concentration plus accrue.

Il s’agit d’un mouvement fluide, léger, furtif. Presque imperceptible. Un mouvement primaire, la toute première danse. Cette entrée dans le mouvement est une renaissance perpétuelle. Elle part de notre base symbolisée par le talon, pour nous propulser dans les airs, vers notre avenir. Vers l’inconnu.

Pendant que la plante du pied droit se déroule sur le sol, le pied gauche vole. Cette danse en tandem est mue par la volonté de la découverte. Sans mouvement, nous ne bougeons pas, nous n’avançons pas.

Le déroulé de la plante du pied amène tout le reste du corps à entrer en mouvement. Les chevilles sont sollicitées comme toutes les autres articulations. Les membres suivent le mouvement, la fluidité s’installe.

Exercice :

Pour se reconnecter à ce mouvement primaire, et mieux ressentir cet étirement de nos voûtes plantaires, nous pouvons commencer par les masser. Avec les pouces et quelques gouttes d’huile, passons sous la balle de chaque orteil, puis descendons doucement jusqu’au talon avec des mouvements circulaires.

Si à certains endroits la chair semble gonflée, compacte, si elle est douloureuse… Insistons. Avec douceur, continuons à masser cette zone avec de petits cercles. Se faisant, nous entrons en contact avec le reste de notre corps, et le soulageons d’un mal qui résonne probablement ailleurs.

En deuxième partie d’exercice, nous pouvons prendre le temps d’articuler les orteils. On les pointe vers le haut, puis vers le bas. On se met sur la pointe des pieds, puis on les recroqueville comme si on voulait attraper quelque chose avec nos orteils. On termine en faisant des cercles avec les chevilles.

Pousser sur les métatarses : se diriger vers l’avenir

Ca y est, la plante du pied est au sol et avec elle les métatarses. La dernière étape consiste à les presser au sol, à pousser sur elles, afin de prendre un élan suffisant pour poser le second pied loin devant soi. Avancer.

C’est ce que j’appelle la marche complète. Souvent, on ne pousse pas bien sur la balle des pieds. Il en résulte une démarche vacillante, incertaine. On manque d’assurance, on se projette difficilement dans l’avenir. On ne rebondit pas.

La balle des pieds est une balle. Elle doit rebondir, et nous faire rebondir. Il n’y a aucune raison d’être effrayée : les orteils jouent leur rôle de garde-fou, ils nous maintiennent en équilibre. Un pied en l’air, nous ne risquons rien. Maintenant que nous avons pu le détacher du sol, il serait idiot de le reposer tout près.

Exercice :

Si les températures le permettent, prenons le temps de marcher pieds-nus à l’extérieur. Nous allons sentir toutes les aspérités d’un sol qui n’est pas lisse, pas droit. Remarquons que peu importe les obstacles que nos pieds rencontrent (cailloux, pente, brindilles…), ils continuent d’aller de l’avant, peut-être même plus rapidement !

C’est dans notre instinct. On ne s’arrête pas devant l’obstacle, on avance, quitte à marcher dessus et sentir une légère douleur.

Concentrons-nous sur l’appui des métatarses contre la terre. Imaginons qu’elles rebondissent comme une balle de tennis qui frappe le sol. Hop ! La force du rebond pousse le corps en avant et l’autre pied loin devant.

Et ainsi le cycle se répète… La quatrième étape est en fait un retour à la première : le talon atterri sans crainte, le sol est là pour le soutenir.

 

Je vous invite à entrer dans une marche consciente et complète dès que l’occasion se présente. Marcher avec lenteur, constater ce qui ne va pas et réapprendre s’il le faut. Les bienfaits corporels de cette pratique à l’apparence anodine se feront sentir rapidement, tout comme la clarté et la confiance qu’elle apportera à votre mental.

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