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L’héritage et la quête d’identité

Pour parler de ce thème fondamental qu’est l’héritage, l’appartenance et la quête d’identité, je souhaite laisser la parole à Fabienne… Fabienne Garcia est psychologue, elle accompagne des adultes en questionnement suite à certains événements de la vie (problèmes de santé, burn out…). Grâce à son expérience, elle nous propose ici une réflexion et des exercices pour la soutenir.

 

« Pour qu’un enfant vienne au monde, il faut le désir de trois personnes :
celui du père, de la mère et de l’enfant »
disait Françoise Dolto.

Qui suis-je ?

Si tu veux savoir où aller, regarde d’où tu viens !

Je suis né-e fille/garçon, dans une famille, je suis fils/fille de… frère/sœur de…. Avant d’être…. Garçon, fille, puis jeune homme, jeune femme, puis homme, femme.
J’ai été conçu(e), attendu(e) tranquillement ou de manière plus « sport ». Les parents, frères et sœurs,  parrains/marraines, la famille élargie, grands-parents, oncles/tantes… toutes ces personnes ont créé un « berceau psychique » pour m’accueillir, symbolisé par la chambre, le berceau, la layette…

Le petit nid d’origine s’est élargi à la nounou, la crèche… l’école maternelle… primaire… les loisirs…
Et là, des rencontres qui m’ont aidé-e à grandir, à évoluer.
Je me suis rendu-e compte que ma culture familiale (les habitudes, les mots…) n’était pas forcément la même que celle des mes ami-es, copains/copines, conjoint…
Cette prise de conscience à pu m’amener à m’interroger sur moi, mes origines, ma famille, mes habitudes : pourquoi cela se passe-t-il ainsi chez moi, chez nous ?

Petit exercice :

Quel est mon prénom ? Qui l’a choisi ? Un seul prénom ? Plusieurs ?

Ai-je des parrain/marraine ?

Les parrains et marraines (la marraine fée de Cendrillon…) qui, à l’origine, étaient là pour prendre le relais en cas de décès des parents, sont là pour suppléer au rôle des parents, choisis, soit pour faire comme eux, ou au contraire, pour élargir les manières de faire, de vivre, ou encore pour solidifier les liens de l’enfant à la famille, parrains et marraines étant choisis parmi les frères et soeurs des parents par exemple. 

Quel est mon nom de famille ? Simple ? Composé ? Il signe mon appartenance à une lignée,  paternelle/maternelle ?

La métaphore du homard, la mue

Rencontrer d’autres nous permet peut être de nous rendre compte de la manière dont nous  sommes attaché(e) à notre famille : attaché(e), lié(e), ces mots disent notre ancrage à la famille, avec un lien plus ou moins serré, lâche, sécurisant ou pas. Cette manière d’être en lien est une part de notre héritage. Elle va colorer nos futurs liens d’amitié et d’amour. 

Ces éléments dont nous avons hérité, dans lesquels nous avons baigné tout au long de notre enfance vont être remis au travail à l’adolescence, grande période d’interrogations « existentielles », identitaires : Qui suis-je ? Que vais-je faire de ma vie ? De quoi ai-je hérité ? Qu’est ce que je souhaite garder ? Remettre en question ?

C’est alors notre première « mue » : connaissez-vous le homard ? Nous, humains, nous sommes protégés, enveloppés d’une peau souple qui accompagne notre développement. Le homard, lui, est enveloppé d’une peau « rigide », une carapace, qui ne peut évoluer en même temps que lui. A plusieurs moments de sa vie, cette « coquille » devient trop étroite. Il doit alors la quitter, « muer » pour en fabriquer une plus grande et plus confortable. Mais, entre deux carapaces, il est « tout nu », vulnérable, il doit se cacher pour être à l’abri des prédateurs. 

C’est Françoise Dolto qui a proposé cette métaphore à propos de l’adolescence. Cette mue est très « visible » à l’adolescence, mais elle est présente tout au long de notre vie, lors des grands changements : finir ses études et partir à l’université, se mettre en couple, avoir des enfants, trouver, changer de travail, se séparer, …. Toutes ces expériences nous demandent de nous adapter, changer de « coquille », et nous font vivre un entre deux au cours duquel nous sommes vulnérables. En effet, la carapace nous protège de l’extérieur – toutes les paroles parfois piquantes qui habituellement, glissent, nous blessent – et contiennent notre « intérieur » – nos émotions, habituellement contenues dans la coquille, peuvent s’exprimer de manière inopinée, parfois nous débordent.

Se créer une nouvelle coquille

L’enjeu est alors de nous fabriquer une nouvelle enveloppe, coquille à notre taille, avec une forme, des couleurs qui vont nous convenir mieux, nous être plus adaptées. Mais alors, quels sont nos critères pour modifier cette carapace ? Avons-nous des modèles ? Si oui, lesquels ? Nos parents ? D’autres ? Jusqu’où allons-nous nous autoriser à faire en fonction de nous uniquement ? Est-ce que nous allons tenir compte du regard des autres ? De notre famille ? Quelles loyautés vis-à-vis d’eux ? Quelle liberté ? A quelle source puiser pour être au plus près de nous ?

Nous sommes tous équipés d’une boussole intérieure, celle qui nous dit ce qui nous convient ou pas, mais nous sommes plus ou moins à son écoute, mettant parfois le bien être des autres en priorité par rapport au nôtre. Elle nous donne le nord pour notre identité de femme ou d’homme, mais nos autres identités, de conjoint-e, mère-père, fille-fils… peuvent prendre le dessus par rapport à cette « identité de base » qui nous constitue. Comment tiendrons-nous compte des ces différentes facettes pour notre nouvelle coquille ?

Petit exercice :

Prenez un moment où vous aurez du temps et ne serez pas dérangé-e, imaginez que vous pouvez rêver, comme si vous aviez une baguette magique qui pourrait vous libérer de toute contrainte de temps, d’argent, de lieu, d’âge…

Alors, écrivez les dix rêves qui vous viennent, sans vous censurer.
Laissez décanter quelques jours puis retournez voir vos écrits : y a –t-il un point commun entre certains rêves ? Voyez-vous comme un fil rouge se dessiner ? Comment ce point commun ou ce fil rouge transparait-il dans votre vie actuelle ? 

Autre possibilité :

Ecrivez votre vie, de votre naissance à aujourd’hui, en prenant soin de noter les dates qui ont compté pour vous, les décisions importantes que vous avez prises, en vous rappelant quels étaient les critères qui vous ont fait choisir ces décisions plutôt que d’autres. Notez également les rencontres qui vous ont marqué.
Là encore, voyez-vous apparaître un fil rouge ? Des constantes ? Des valeurs ?

Regardez alors de plus près ces constantes, ce fil rouge, et sondez-les avec votre boussole intérieure ? Y a-t’il un écho favorable ? Cela vous donne-t-il des pistes pour cette nouvelle coquille ?

Avec qui pourriez-vous parler de ces réflexions ? Trouvez autour de vous des personnes bienveillantes en qui vous avez confiance. 

Je vous souhaite un agréable voyage dans cette recherche de vous.

Fabienne Garcia

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