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Le silence : un besoin essentiel de l’organisme

Dans nos sociétés, le silence est devenu une denrée rare, en voie de disparition. Aujourd’hui, il est devenu un luxe que nombre d’entre nous ne peuvent plus se permettre. Car où, et comment se ressourcer dans un lieu vraiment silencieux ? L’explosion de la demande en retraites silencieuses est symptomatique d’un mal inquiétant : notre surexposition au bruit permanent et ses effets particulièrement délétères.

L’ouïe, notre sens en alerte permanente

Contrairement à la vue ou au goût, l’ouïe fait partie des sens que nous ne pouvons pas contrôler. Nous entendons tout, tout le temps, même lorsque nous dormons. L’ouïe est notre système d’alarme interne. Depuis toujours, son rôle est de nous prévenir en cas de danger. Elle est capable de nous forcer à la réaction, même quand nous sommes en état de sommeil profond.

Ainsi, nous sécrétons des hormones comme le cortisol, liées au stress et à l’anxiété, dès lors que nous sommes entourées de bruit. L’impact de ces hormones disséminées en continu dans notre organisme s’avère de plus en plus conséquent.

En effet, le niveau sonore dans lequel nous baignons dans nos sociétés modernes est désormais si élevé qu’il peut perturber durablement le fonctionnement de nos cerveaux.

Pour le cerveau, le silence est d’or

Lorsque nous expérimentons un temps de silence, notre cerveau savoure d’être moins sollicité. Sa consommation en glucose se réduit, tout comme sa production de toxines. Ce sont ces toxines qui sont en cause dans la contraction de la maladie d’Alzheimer, le lien entre l’environnement sonore et la déficience mentale étant de plus en plus établi. Dans nos phases de sommeil, ces toxines sont évacuées de notre organisme, mais encore faut-il pouvoir dormir dans le calme.

C’est pourquoi le silence s’avère fondamental pour notre bon fonctionnement cérébral. Une fois établi, il favorise les états de concentration et nous permet de digérer ce que nous vivons et ressentons chaque jour. Cela améliore notre capacité à mémoriser, à être créative. Et surtout, cela favorise la construction de soi.

Le silence – externe et interne – donne de la place et de l’espace aux graines d’idées et de perspectives. De notre bonne santé neurologique découle notre capacité à mettre en forme, à concrétiser la vie que nous souhaitons.

Les trois formes de silence : corporel, attentionnel, méditatif

Le silence peut prendre plusieurs formes. Il s’invite partout où on lui en laisse la possibilité. Pour l’apprivoiser, nous devons le pratiquer au quotidien, et cesser de le fuir. Si de prime abord, il est inconfortable, il devient vite un précieux allié.

Le silence corporel

Il s’agit ici d’observer et d’expérimenter l’immobilité du corps.
Nous vivons un paradoxe : nous ne bougeons pas assez et pourtant, nous ne connaissons pas l’immobilité. Des gestes parasites s’invitent sans cesse dans notre corps, traduisant souvent une anxiété camouflée. Une jambe qui tape frénétiquement, une main qui tripote tout ce qu’elle trouve sur son chemin, un visage qui se contorsionne sans arrêt, qui mâche…

Inviter le silence dans le corps, c’est prendre cinq minutes pour s’allonger au sol et ne plus bouger. Rester là, en étoile, et s’autoriser à ressentir ce qui habituellement est caché par les mouvements parasites. Sans juger, juste observer.
Pour aller plus loin, se concentrer sur le moment furtif de repos absolu qui gît entre l’inspiration et l’expiration. Il réside là un moment, moins d’une seconde, durant lequel le corps est dans le silence le plus absolu.

Le silence attentionnel

Il s’agit simplement de laisser flotter notre attention.
Prenons cinq minutes pour entrer dans un état de contemplation. L’exercice est de lâcher prise pour laisser la place à la rêverie. Cet état souvent perçu péjorativement par la société productiviste qui, dès l’école primaire, sanctionne les élèves qui ont tendance à être “dans la lune”…

C’est cela que nous souhaitons retrouver. Ce petit exercice ne demande aucun effort, si ce n’est celui de s’abandonner. Pour observer ce qui vient et l’effet du relâchement régénérateur de notre attention.

Le silence méditatif

À l’instar du silence attentionnel, celui-ci mobilise justement notre attention. L’idée, c’est d’être concentrée sur le présent. Pour cela, nous allons taire le bruit intérieur, celui induit par nos pensées.

Toutes ces formes de silence sont pleines de vertus. Pratiquées quotidiennement, par petites touches, elles nous permettent de retrouver un état de calme et de paix.

Calmer le bruit intérieur par la méditation : les bienfaits corporels

Nous sommes dotées d’un métabolisme du silence intérieur. Celui-ci nous permet de déclencher la production d’endorphines naturelles, hormones relaxantes, antalgiques et anxiolytiques.

Le repos organique engendré par l’état méditatif est plus dense que celui que nous atteignons dans nos phases de sommeil profond. En effet, la respiration qui y est associée demande moins d’air à l’organisme, tout en procurant une oxygénation accrue des poumons. Ainsi, le corps produit moins de déchets.

Nous savons que la méditation agit directement sur les systèmes hormonal, vasculaire et musculaire. Il a tendance à faciliter notre immunité et à réguler notre sensibilité à la douleur. C’est un excellent apaisant holistique.

Être en paix : en finir avec le fond sonore qui rassure

Il est urgent de reconsidérer le silence pour ce qu’il est vraiment : l’un de nos besoins fondamentaux pour une vie saine et heureuse.
Remettons également à sa place cette idée du “fond sonore qui rassure”. Garder en permanence la télévision allumée à la maison, le poste de radio dès qu’on entre dans la voiture, les écouteurs sur les oreilles à chaque fois qu’on met le nez dehors… C’est s’assurer une mort plus rapide.

Oui, le bruit tue. Il cause environ 12 000 morts prématurées par an, en Europe. Si le problème vient surtout des villes et de leur niveau sonore constant, en rajouter une couche lorsqu’on rentre chez soi n’est pas de bonne augure.

Bien sûr, il ne s’agit pas de dénigrer la musique. Elle est pour moi aussi une compagne de vie fidèle. Il s’agit plutôt de réapprivoiser le silence, de cesser de le craindre. S’il est devenu une source d’angoisse, c’est parce que nous n’avons plus l’habitude de nous confronter à nos profondeurs : mentales, physiques, émotionnelles.

Écouter en dedans de soi : se recueillir

Le silence nous plonge dans nos pensées, inapprivoisées et angoissantes. Nous craignons ce qui va remonter à la surface si nous taisons le son qui nous distrait. Écouter en dedans de soi, cela s’apprend et cela guérit.

Une distanciation avec le monde qui nous entoure est nécessaire. Ce recul, cette lenteur amie, permettent d’engager la réflexion. Cette réflexion nous mènera inévitablement à prendre les meilleures décisions pour soi.

L’acte de se recueillir sur soi-même, petit à petit, va nous redonner confiance. Nous allons doucement recharger nos batteries, nous réénergiser et avancer vers la paix intérieure.

Remettre du silence dans nos vies

À petites doses, en commençant par trois minutes le matin ou le soir, nous pouvons nous rééduquer au silence. Cela peut tout simplement passer par le fait d’exécuter une activité en le privilégiant à un fond sonore : jardiner en silence, cuisiner en silence, faire le ménage en silence… Mais aussi marcher, manger, dessiner… Commençons par ce qui nous convient le mieux.

L’idée est d’abord de freiner notre réflexe de mettre du bruit partout autour de nous. Un pas après l’autre, le silence deviendra synonyme de ressourcement et cessera d’être ressenti comme une menace. Interrogeons-nous : pourquoi suis-je mal à l’aise quand l’environnement est calme autour de moi ? Qu’est-ce que je crains dans ce dépouillement sonore ?… À nos réponses !

 

Les bienfaits du silence sont multiples. Parmi eux : une meilleure connaissance de soi, une plus grande sensibilité, une intuition accrue, une prise de recul sur les évènements permettant de prendre des décisions éclairées, une plus grande ouverture à l’autre…

Et vous, remettez-vous du silence dans votre vie ? En ressentez-vous les bienfaits ?

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