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Déstructurer son identité et renaître à soi

Nous y voilà ! L’automne est arrivé à pas feutrés et s’installe, depuis quelques jours, en douceur. L’eau tombe du ciel, le cerf brame dans les forêts, et les premiers potirons arrivent sur les étals. L’automne est une saison particulière. Généreuse, elle nous offre les dernières récoltes de l’année – pommes, poires, châtaignes, noix… – tout en se déshabillant. Elle prépare le terrain pour sa compagne l’hiver, qui fait place nette dans le plus complet des dépouillements.

Aujourd’hui, je voudrais vous faire découvrir l’impact que cette saison a sur notre psyché. Le rythme des saisons est un fabuleux outil de travail sur soi et de développement personnel, pour quiconque choisit de cheminer avec elles. Mais que nous le fassions consciemment ou non, nous ne passons pas à côté… Prenons garde ! Au cours des trois mois qui vont suivre, nous allons vivre le processus automnal de la déstructuration et de l’émiettement.

Laisser tomber les feuilles, les branches qui ne servent plus

Si vous avez lu le dernier article concernant l’ancrage et l’enracinement, vous avez compris que nous ne fonctionnons pas si différemment du règne végétal, et de la nature en général. Elle est notre Mère, et ce qui se passe en elle se passe en nous. Le processus se manifeste simplement d’une autre façon. Une fois l’été passé, la nature mue. Toute l’énergie qu’elle a déployée au printemps, donnant feuilles, fleurs et graines, retombe. Les épines des pins couvrent le sol et notre premier réflexe peut être de penser : mais que se passe-t-il, l’arbre est-il malade ?

Rien de plus normal pourtant. L’arbre accomplit quelque chose qu’on a parfois du mal à faire. Il se sépare de ce qui ne lui sert plus. Il choisit dans quelles branches donner son énergie. Nous, personnes humaines, avons de mal à prendre exemple. Il y a là pourtant une sagesse ancestrale que nous ferions bien de considérer. Nous aimerions garder pour acquis tous les projets sur lesquels nous avons travaillé, tous les liens que nous avons créés, toutes les valeurs vers lesquelles nous nous sommes penchées. Mais ce n’est pas possible.

Nous sommes en perpétuelle évolution, et renier ce principe nous mène vers une perte certaine. Pour ne pas tout perdre, il faut accepter de perdre quelques morceaux de soi. Nous devons choisir, pour ne pas nous éparpiller, et muer vers la meilleure version de nous-même. C’est ça la déstructuration, et la proposition de l’automne : poser devant soi tout ce qui nous constitue, et enlever les structures. Désorganiser afin de voir ce qui en résulte, ce qui se cache derrière ce qu’on a mis dans notre identité.

Déstructurer notre identité,
nos idées reçues

Qu’est-ce qui fait notre identité ? Comment sait-on qui on est et comment se définir ? Généralement, on se présente avec un prénom, un nom, un âge, un métier et une situation familiale. Et après ? Que se passe-t-il si on gratte plus loin ? On pense à notre milieu social, la terre qui nous a vu grandir, notre héritage, les valeurs qu’on porte, la morale qui nous contient, nos expériences personnelles… Puis on pense à ce qu’on en a gardé, et à la façon dont nous nous sommes rééduqués en tant qu’adulte, si d’aventure nous l’avons fait…

Nous sommes faites de nombre d’idées reçues sur nous-même et sur ce qui nous a amenées à être ce que nous sommes. Elles peuvent venir de la société qui véhicule une certaine image de la femme, de l’épouse, de la mère, de l’amante, de l’amie… Elles peuvent venir de nos croyances familiales, à travers ce qui nous a été inculqué : le rapport à l’argent, la religion, l’intelligence, les capacités, la sensibilité… Elles peuvent aussi être le fruit des traumatismes, des réussites, de la douleur ou de la joie qui ont consisté le coktail de notre expérience de vie.

Exercice :

Sur des post-it, noter tout ce qui semble faire partie de notre identité. Pêle-mêle, laisser les mots et les idées sortir comme elles viennent. Sur un post-it, une idée. Tout ce qui a participé à créer ce que nous sommes – souvenirs, projets, travail, passions, vie quotidienne… – va se retrouver là, au sol, matérialisé par un monticule de carrés colorés. On pousse les meubles, on se laisse la place pour se déployer.

Ensuite, classer les post-it par thème. Il ne s’agit pas là de thèmes ayant une logique préétablie. Il s’agit de les regrouper selon le lien que les idées ont en commun POUR SOI, même si nous ne sommes pas capables d’expliquer clairement pourquoi elles vont ensemble. Ca viendra plus tard.

A la fin, cela donne une figure qui est sensée représenter ce que nous sommes. Quelles sont les thèmes les plus fournis ? Quelle place leur a-t-on donné ? Se reconnaît-on dans cet espace ? Nous semble-t-il fidèle, disproportionné, trop fourni ou au contraire pas assez ? Qu’est-ce qu’on ressent ? Ne pas hésiter à laisser sortir les émotions, c’est bon signe !

La seconde et dernière étape vise à tout reprendre. Casser les thèmes, et jeter les post-it qui ne correspondent plus à celle que nous sommes aujourd’hui, ni à celle que nous aspirons devenir. Faire de la place. Enfin, avec ce qui reste, recomposer une forme nouvelle. Un espace dans lequel on puisse penser “ah oui, ça, c’est bien moi, débarrassée de tout ce qui était dépassé et obsolète.”

Les post-its évincés iront dans un pot sur lequel on aura pris le temps d’écrire : COMPOST.

Créer notre propre matière créatrice,
notre humus

Comme les plantes, nous avons besoin de créer notre écosystème interne et cela passe par la mise en place d’un “pot pourri” des idées, valeurs, envies, schémas qui ne nous servent plus. L’humus vient des branches qu’on a décidé de couper, des feuilles qui sont parfois tombées malgré nous – nous dégarnissant subitement – ou des fruits mûrs dans lesquels nous avons mis toute notre énergie mais que personne n’a cueillies.

Le compost ressemble au désordre et fait parfois désordre. Il est plein de nos blessures, de nos déceptions, de nos idées avortées, ou d’éléments qui nous ont longtemps portés et dont on a eu du mal à se débarrasser. Mais cette matière n’est pas perdue. Notre pot à compost va doucement s’émietter. Les idées vont se désagréger et devenir mille sous-idées qui pourront se mêler aux autres. Nous allons nous nourrir de cette matière revisitée, métamorphosée. Et sans qu’on y prenne garde, nous allons bientôt pouvoir faire pousser de nouvelles branches, et de nouvelles feuilles sur l’arbre de notre identité. Grâce à la place que nous avons faite, et grâce à cette matière que nous avons laissé décomposer.

Accepter l’énergie descendante
et le repli sur soi

Ce processus d’émiettement prend trois mois si nous suivons le rythme des saisons, mais il peut prendre beaucoup plus de temps, selon le travail que nous avons à effectuer. C’est une phase durant laquelle l’énergie semble manquer. Le besoin de solitude, de repli sur soi, se fait sentir. Il s’agit de plonger dans notre intériorité, et d’accepter de se prioriser.

L’automne envoie l’énergie dans la terre et prépare l’hiver. C’est NORMAL d’avoir moins d’entrain, d’être moins extravertie, de devenir casanière. Il n’y a rien de plus sain. Il faut le dire : c’est nécessaire.

Autorisons-nous à vivre cela et à prendre le temps. La déstructuration a parfois quelque chose de violent. Elle fait ressurgir ce qui ne va pas, il faut y être préparée. C’est OK d’être triste, en colère, un peu déprimée ou mal à l’aise. Rassurons-nous, cela va passer. Nous sommes cyclique, nous vivons tout le panel des émotions et c’est erroné de penser qu’il y en a des bonnes et des mauvaises. Elles ont simplement une énergie différente et en cette phase d’automne, elles sont plutôt rouge, or, et orange !

Exercice complémentaire :

Choisir un portrait de soi, récent, et l’imprimer en grand. Le projet est de déstructurer notre image. Pour cela, nous pouvons découper notre portrait, dessiner dessus, aposer des aplats de couleurs, ou des mots découpés préalablement dans des magazines. Tout est permis !

Nous allons recréer notre visage à partir des bouts de ce portrait et de ce qu’on aura glané à côté. Prendre une feuille, un tableau et commencer. Une fois terminé, nous sommes libres d’encadrer le résultat et d’exprimer ce qu’il nous évoque. En quoi il nous libère ou nous oppresse, qu’est-ce qu’il raconte…

Je vous souhaite une belle déstructuration, un émiettement en conscience. Si le coeur vous en dit, je serai ravie d’échanger avec vous, de vous apporter plus de précision si besoin est. Allez-vous plonger dans les énergies et les opportunités de l’automne ?

 

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